J’ai un nouvel Everest à gravir : la greffe cardiaque.
« Je m’appelle Coline et j’ai 25 ans.
Ma naissance a été mouvementée, puisque c’est seulement à ce moment-là qu’a été découverte ma cardiopathie congénitale : une atrésie tricuspide droite à septum intact.
J’ai donc fait un vol en hélicoptère, et les hôpitaux sont rapidement devenus ma seconde maison.
J’ai eu une enfance globalement normale, si ce n’est davantage de précautions que les autres et une relative mise à l’écart lors des jeux « sportifs ».
Le plus difficile a été l’adolescence : le corps change… et la cicatrice aussi. Apprendre à l’accepter a été compliqué.
Vivre avec une cardiopathie congénitale, c’est devoir se battre en permanence :
pour entrer dans les études supérieures, poursuivre ses études pendant le Covid, entrer dans la vie professionnelle, constituer un dossier MDPH, accéder à un crédit ou encore envisager un projet de parentalité.
Avec ma cardiopathie congénitale, tout doit être anticipé : les sorties, les rendez-vous, les invitations, les vacances… Et tout peut être annulé ou modifié au dernier moment. Il faut apprendre à faire face aux imprévus et, surtout, à écouter son corps.
À l’âge adulte, j’ai dû affronter de nouvelles épreuves : un diabète de type 2 et une fibrose hépatique, conséquence de ma cardiopathie congénitale.
En 2024, j’ai dû arrêter de travailler pendant quatre mois.
C’est à ce moment-là que j’ai réalisé l’importance des bonheurs simples : marcher, ralentir, respirer, profiter de ma famille, de mes amis et de la nature. Depuis, mon cœur m’a forcée à ralentir, et je m’efforce de l’écouter.
C’est aussi à ce moment-là que j’ai rejoint l’association Petit Cœur de Beurre.
Aujourd’hui, à 25 ans, j’ai un nouvel Everest à gravir : la greffe cardiaque.
C’est le ciel qui me tombe sur la tête.
J’ai l’impression que tous ces efforts n’ont servi à rien… et que ça ne s’arrête jamais.
Il n’est pas simple, à 25 ans, de traverser tout cela alors qu’on n’a qu’une envie : réaliser ses rêves, travailler, voyager et fonder une famille.
Aujourd’hui, mon nouveau combat est celui du don d’organes.
Nous manquons de donneurs en France, alors que tant de personnes, comme moi, ont leur vie suspendue à ce don.
À travers mon témoignage, j’aimerais remercier les donneurs et leurs familles.
Et dire à celles et ceux qui n’ont pas encore exprimé leur choix, qui hésitent ou n’osent pas aborder le sujet, que cette décision leur appartient. Je comprends la douleur et l’immense épreuve du deuil.
Mais le don d’organes permet avant tout à quelqu’un de survivre.
Un peu comme la pluie permet aux fleurs de grandir. Un peu comme un arc-en-ciel après l’orage.
Alors, peut-être serez-vous le prochain arc-en-ciel dans la vie de quelqu’un. »
- Coline, 25 ans
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